Expérimenter

Cultiver la bienveillance envers soi-même

7 juin 2018

Il y a quelques jours, j’ai eu besoin de réaliser quelques photos pour une publication presse. Ce genre de moment est très inconfortable pour moi, et c’est toujours l’occasion pour faire le point sur où l’on en est réellement, de soi à soi. Ce « moi » dont on voit chaque jour le reflet dans le miroir et que l’on croit connaître apparaît soudain, dans l’objectif de celui qui nous prend en photo, sous un tout autre jour. « Quoi ? C’est moi ça ? Mais je suis a-f-f-r-e-u-s-e !!!!! ». Torrent de négativité, tsunami d’injures auto-dirigées, tourbillon de jugements acérés ! Ça vous parle ? Car oui, le rapport que nous entretenons à notre image est trop souvent conflictuel, fragile. On croit avoir fait la paix, une bonne fois pour toute, puis l’on retombe une fois encore dans l’auto-critique. Et si on décidait vraiment d’arrêter de se juger pour passer un pacte avec soi-même : celui de ne plus jamais se prendre pour cible, celui de se regarder & de se voir avec une infinie bienveillance, comme une mère regarde son enfant. C’est là toute l’idée : et si nous étions nos propres mères plutôt que d’être nos juges ? Et si l’on posait sur nous un regard attendri et non plus accusateur ? Peut-être que cela pourrait changer toute notre vie… Car aujourd’hui je vous livre mon plus grand & plus puissant secret de naturopathe : la clé du bonheur, c’est la bienveillance envers soi-même ♡

Image de soi & bien-être

Avant même de parler d’alimentation équilibrée & de remèdes pour se soigner, ce qui préside à notre bien-être et à notre santé est le rapport que nous entretenons avec nous-même. Cette dimension essentielle de notre équilibre ne doit jamais être négligée. En tant que naturopathe, c’est une notion qui m’est très chère et sur laquelle j’aime travailler avec les jolies âmes qui viennent me voir en consultation. Rien ne sert de mettre un programme alimentaire parfait en place si le bât blesse d’un point de vue émotionnel ou psychologique. Comment trouver son équilibre sur le fil de notre existence lorsqu’on est soi-même en train de se décocher des flèches envenimées ? Car l’image que nous avons de nous-même conditionne pleinement notre façon d’habiter le monde.

Avez-vous remarqué comme nous sommes nos pires juges ? Pire dans le sens violent mais aussi mauvais. Reprenons ce qui m’est arrivé : on vous prend en photo, vous observez le résultat. Vous vous exclamez « C’est affreux ! C’est vraiment à ÇA que je ressemble ?? », et celui qui vous a pris en photo répond « Mais tu es très bien voyons ! C’est parfait ! ». Alors que se passe-t-il entre ces deux points de vue ? En réalité, vous focalisez sur ce que vous n’aimez pas chez vous et devenez littéralement incapable de discerner votre lumière. Dans mon cas, voici ce qui s’est passé :

« Oh la la, ça y est, j’ai des rides au coin des yeux ! Et ces cernes là ? Elles n’étaient pas là avant…. Je vieillis…c’est fichuuuu !!! ».

Pourtant, il n’y a que vous qui pensez que cette petite ride au coin de l’oeil vous défigure et vous fait ressembler à votre mère, ou que ce nez s’apparente à une trompe, qu’en plus vous êtes déjà « à moitié chauve » et que, par-dessus le marché, cette peau n’a rien à envier à celle d’un adolescent. Mais le résultat est là : vous vous scrutez dans le miroir, traquant le passage du temps en soupirant.

Cessez de conclure

Le problème dans ce processus c’est que votre point de vue (oui, car il s’agit bien de votre point de vue sur vous-même mais en aucun cas de ce que vous êtes réellement) génère deux effets collatéraux :

⇢ Vous vous assombrissez en raison de la négativité que vous émettez par vos critiques. Vous vous empêchez tout simplement de rayonner. Quelque chose se ferme en vous, votre énergie se bloque.

⇢ Vous faites de votre jugement sur vous-même une conclusion. Vous concluez « je suis vieux/vieille » ou « je suis gros/grosse » ou « je n’aurai jamais une belle peau » etc… Quand vous concluez, votre conclusion devient le mur de vérité contre lequel toute autre information vient se casser le nez. C’est ainsi que se forment les croyances limitantes. De fait, vous n’admettez pas que l’on puisse vous trouver joli(e), attirant(e), que vos cheveux sont très bien comme ils sont et que votre corps n’est pas bizarroïde. Dès lors que nous concluons, nous recherchons voire nous créons nous-mêmes toutes les « preuves » qui viendront renforcer notre croyance et nous ne permettons pas à une autre possibilité d’exister ou de se manifester.

Conclure, c’est ériger les murs qui nous enferment dans notre propre forteresse de négativité. Conclure, c’est ne pas laisser la chance à ce qu’autre chose survienne. Une conclusion, c’est un peu comme un point de vue définitif qui nous coupe les ailes.

 

Alors être bienveillant, c’est quoi au juste ?

Être bienveillant, c’est arrêter le jugement. C’est voir les trésors qui se cachent derrière nos apparentes imperfections & apprendre à les chérir. Parce qu’en réalité, ces petites rides au coin de mes yeux qui se sont dessinées, c’est d’avoir beaucoup rit et tant sourit : elles viennent inscrire en creux le souvenir des instants sacrées, de tous ces bonheurs savourés au fil des années. Et ces petites cernes : elles sont apparues au gré des nuits interrompues depuis juillet 2017. Elles viennent me rappeler que je suis l’heureuse maman d’une merveilleuse petite fille, débordante de joie et de vitalité & pour laquelle je m’investis sans compter. Ce visage qui se transforme se fait le témoin de l’énergie que je déploie dans le monde et de la femme que j’apprends à devenir. C’est ça, la bienveillance envers soi-même : c’est s’honorer plutôt que de se juger, c’est s’accepter plutôt que de s’accuser. C’est lâcher-prise pour mieux libérer la lumière que nous avons à donner au monde.

 

Etre au rendez-vous de qui l’on est

Cette bienveillance est aussi une vigilance discrète. A la moindre occasion la rechute nous guette. L’auto-critique est là, prête à refluer sur nous. Peut être aussi parce qu’on confond trop souvent estime de soi et narcissisme. Peut être aussi parce qu’on pense qu’un compliment n’est légitime que s’il est adressé par un tiers. Sur le chemin de la bienveillance envers soi, tout est à reconquérir régulièrement, pour mieux être au rendez-vous de qui l’on est. Dans son récent ouvrage C’est décidé, je m’épouse !, Nathalie Lefèvre (journaliste et directrice de Radio Médecine Douce) développe la notion séduisante de s’unir à soi-même avant de s’unir à l’autre. L’idée qui sous-tend ce mariage un peu particulier est que nous ne pouvons vivre une relation amoureuse saine & épanouissante avec un partenaire que si au préalable nous nous sommes octroyé à nous-même la pleine reconnaissance que nous cherchons. Cette acception totale de qui nous sommes, c’est l’engagement qui doit se trouver au fondement de toute volonté de construire avec l’Autre. En s’affranchissant du besoin d’être rassuré & reconnu par notre partenaire, nous accédons à cette liberté et ce bien-être qui nous permet d’être pleinement nous-même sans plus jamais être dépendant de personne. Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous ? Peut-être. Ou pas ! Nous y reviendrons dans un prochain article concernant votre pouvoir de décision.

 

Soyez tendre avec vous-même, s’il vous plait, vous êtes précieux ♡

You Might Also Like

2 Commentaires

  • Reply Marion Chartier 7 juin 2018 at 20 h 42 min

    Merci Ketty ma soeurcière

    • Reply Ketty 7 juin 2018 at 20 h 54 min

      Merci à toi, compagne de bienveillance, soeurcière au grand coeur <3

    Laisser un commentaire