Se soigner

Règles douloureuses & syndrome prémenstruel, quelles solutions ?

12 février 2019

J’entends la même rengaine depuis mon adolescence. Souffrir pendant les règles serait normal. Ces douleurs seraient le signe distinctif des femmes, au même titre que l’accouchement. Nous les femmes serions condamnées à avoir mal chaque mois, car « c’est comme ça ». Cette idée m’a toujours parue saugrenue ! La Nature serait si mal faite ? Et si les douleurs des règles étaient en fait le résultat d’un déséquilibre ? A travers cet article, je vous propose d’aller au-delà de tout ce que vous pensez être vrai sur les règles et de reconsidérer la question de la souffrance. Car c’est ce nouveau regard qui vous permettra d’entamer un changement et de mettre en place des solutions pour mieux vivre vos lunes.

 

S’affranchir des discours

Lorsqu’une jeune fille fait l’expérience de ses premières règles, il n’est pas rare qu’elle expérimente en même temps la douleur. Elle se tourne en général vers sa mère qui lui avoue donc que « c’est normal, il faut faire avec ». Et quand la même jeune fille en parle à son gynécologue, elle se verra prescrire des antalgiques et la pilule. J’ai toujours été abasourdie par le nombre de femmes sous pilule depuis leur plus jeune âge pour « solutionner » des problématiques de douleurs menstruelles ou d’acné. A tel point que ces mêmes femmes parvenues à l’âge adulte et ayant l’envie d’avoir un enfant se trouvent angoissées à l’idée d’arrêter la pilule et de voir leurs maux réapparaître. En effet, en castrant chimiquement une femme pendant des années, on n’a rien solutionné.

Dans tout cela je regrette deux choses : le fait que le corps médical considère trop souvent comme normales les douleurs menstruelles ET surtout le manque d’empathie à l’égard des jeunes femmes qui souffrent de tels symptômes. Lors de mes consultations en naturopathie, les femmes se confient souvent à ce propos. Elles viennent me consulter pour une toute autre problématique et, une fois la confiance installée, elles finissent par hasarder « Oh ! et, ce n’est sûrement pas important mais j’ai des règles terriblement douloureuses ». A travers cette façon de dire les choses on distingue en filigrane la position de la société sur la question : une femme qui souffre terriblement pendant ses règles c’est normal et « pas important ». Dans ces moments-là, on se rend compte du chemin qu’il reste à faire. En s’exprimant ainsi, les femmes perpétuent malgré elles un schéma ancré depuis des siècles qui considère leur souffrance comme négligeable, au mieux normale et au pire carrément méritée. Il est temps grand temps que les langues se délient.

 

Oser dire

Je constate donc qu’avant tout remède les femmes qui souffrent de règles douloureuses ont besoin d’être écoutées et entendues. Elles ont besoin de pouvoir exprimer ce qu’elles vivent et ce qu’elles ressentent physiquement mais aussi émotionnellement. En ayant intériorisé pendant des années leur vécu, elles ont accumulé des stress et des non-dits qui amplifient la souffrance des règles. Trouver une oreille bienveillante qui accueille ce vécu s’avère donc essentiel dans le processus de ré-harmonisation.

Cette écoute empathique peut être trouvée auprès d’un thérapeute bien sûr, mais elle peut aussi être trouvée auprès des cercles de femme organisés un peu partout en France. C’est dans ces espaces sécurisés, exempts de tout jugement et fondé sur l’accueil que les jeunes filles et les femmes peuvent verbaliser leur vécu, le partager et le transcender. Dire c’est déjà un peu guérir.

 

Poser un diagnostic

SPM et règles douloureuses trouvent leur origine dans de multiples déséquilibres. Mais pour bien agir, il faut déjà s’assurer que derrière cette souffrance ne se cachent pas certaines affections qui demandent une prise en charge bien spécifique. Je pense notamment à l’endométriose qui est encore très mal diagnostiquée en France, ou encore aux fibromes, kystes et polypes utérins. Des examens médicaux doivent être sérieusement engagés si vous vous tordez de douleurs. Si ces examens révèlent en effet une endométriose ou des kystes etc., une prise en charge naturopathique plus spécifique sera envisageable avec grand bénéfice en parallèle du corps médical classique.

Le problème dans la pose du diagnostic c’est encore et toujours la négation du vécu des femmes. C’est ainsi que certaines se voient diagnostiquer une endométriose ou des kystes au bout de 10 ou 20 ans d’errance, à s’entendre dire qu’il n’y a « rien », voire qu’elles sont douillettes, et à se faire prescrire des anti-douleurs. A ce stade, les dégâts sont souvent déjà bien avancés. On prend ici conscience de la gravité du manque de reconnaissance de la parole des femmes.

 

Revenir à l’équilibre avec la naturopathie

Si vous n’êtes pas atteinte des affections citées ci-dessus, vous devriez tirer un grand bénéfices des conseils qui vont suivre. Gardez cependant à l’esprit qu’en naturopathie nous individualisons toujours la prise en charge et je vous divulgue ici des conseils généraux qui ne peuvent pas tenir compte de vos spécificités et de votre terrain. Pour faire un vrai travail de fond, il est nécessaire d’établir au préalable un bilan. Néanmoins vous devriez déjà trouver de précieux éléments de réponses ici.

SPM et règles douloureuses sont bien souvent liées à la congruence de plusieurs phénomènes :
● un déséquilibre hormonal entre oestrogène et progestérone
● un phénomène inflammatoire
● un système nerveux à fleur de peau
● un foie surmené

C’est en agissant sur ces 4 pôles que vous pourrez mieux appréhender vos menstruations. Car si elles provoquent assurément une forme d’inconfort, elles ne sont pas censées vous faire souffrir le martyr !

 

1. J’adopte une alimentation anti-inflammatoire

Un fort SPM ou encore des règles très douloureuses riment quasiment toujours avec un phénomène inflammatoire au niveau utérin et intestinal. Ce phénomène est très largement porté par un mode de vie déséquilibré où l’alimentation tient un rôle majeur. En adoptant un régime inapproprié, non seulement vous créez un phénomène inflammatoire au niveau du bassin, mais en plus vous engorgez votre foie qui a déjà fort à faire souvent en raison d’un déséquilibre hormonal qui lui donne un surplus de travail.

Voici un mini tableau qui résume les aliments qui sont pro-inflammatoires donc qui alimentent votre SPM et les douleurs en général et ceux qui vont vous permettre de réguler la balance, donc d’éteindre le feu :

 

 

Pour résumer : on mange surtout des légumes et des fruits de saisons, en privilégiant les crudités et la cuisson basse température. On ajoute des huiles riches en oméga 3 qui vont également aider à réguler le système hormonal et calmer l’inflammation. On se lance dans la consommation de jus de légumes. On évite au maximum les graisses saturées, le gluten, les sucres et les produits laitiers.

 

2. Je soulage mon foie

Chez les femmes qui souffrent de douleurs avant et pendant les règles, le foie est bien souvent engorgé. En effet c’est cet organe qui est chargé de traiter les déchets hormonaux. Or, si ce dernier est déjà en souffrance en raison d’une hygiène de vie inappropriée, il aura d’autant plus de difficulté à éliminer les hormones. C’est ainsi que peuvent apparaître ou s’envenimer les déséquilibres hormonaux à l’origine de douleurs.

Il est donc urgent de soulager votre foie ! Comment faire ?

→ J’adopte le « régime méditerranéen » qui reprend les principes de l’alimentation anti-inflammatoire décrite ci-dessus : on privilégie les bonnes huiles vierges de première pression à froid, on privilégie le poisson, les fruits de mer et la viande blanche pour équilibrer l’apport protéique et ainsi fabriquer les hormones en bonnes proportions.
→ J’intègre une part de cru dans mon assiette, surtout en début de repas pour apporter vitamines et minéraux nécessaires.
→ Je ne consomme pas d’alcool à l’approche des règles ni pendant !
→ Je fais des petites diètes régulièrement : un ou deux soirs par semaine ne mangez que de la compote de pommes sans sucres ajoutés.
→ J’entame une légère detox en faisant cette cure de 21 jours : dans 1 litre d’eau, mettre 3 à 5 gouttes d’huile essentielle de citron bio. A boire dans la journée.
→ J’évite la colère & les frustrations qui viennent toutes deux agresser le foie.

 

3. Je me détends

Le système nerveux est bien souvent à fleur de peau chez les femmes qui souffrent de SPM et/ou de règles douloureuses. Cette nervosité crée un spasme digestif & utérin propice aux stases et aux douleurs.

→ Je prends du temps pour me reposer. Je profite de mes lunes pour cocooner, revenir à moi.
→ Je me lance dans la méditation.
→ J’apprends la cohérence cardiaque : en pratique, il s’agit 3 fois par jour de respirer 6 fois par minutes pendant 5 minutes.
→ Je fais une cure de magnésium. Mon choix ici.

 

4. Je fais circuler les énergies

Les douleurs sont également le résultat d’une stagnation au niveau du petit bassin. Il est essentiel de remettre de la fluidité dans cet espace et d’y faire circuler les énergies. Pour cela :

→ Je pratique une activité douce telle que le yoga tout au long de l’année.
→ Je pratique les Bains Dérivatifs en dehors des règles : il s’agit de placer une poche de gel froide au niveau du périnée quelques heures par jour. Cette fraîcheur va permettre une meilleure circulation de retour et une meilleure évacuation des déchets et toxines.

 

5. Je fais appel aux plantes

Il existe dans la nature plusieurs plantes qui peuvent venir en aide aux femmes. En voici une petite sélection que vous pouvez utiliser en toute sécurité (pour des conseils plus individualisés, notamment sur les plantes qui ont une action régulatrice hormonale, une consultation naturopathique s’impose) :

→ Le chardon marie et le desmodium : sont toutes deux des plantes qui vont venir chouchouter votre foie. Dans l’idéal on commencera par 15 jours de desmodium puis 1 mois de chardon marie.
→ Le framboisier : dans un premier temps sous la forme de bourgeon à raison de 10 gouttes 3 fois par jour pendant 1 mois (Herbalgem, Phyto France) puis sous forme de tisane.
→ L’huile essentielle de Katafray : à utiliser en massage sur le bas du ventre en cas de douleurs. On dilue l’équivalent de 3 ou 4 gouttes dans une cuillère à café d’huile végétale.

 

La douleur n’est pas votre ennemie !

Les 5 points évoqués ci-dessus sont une base de travail, les fondamentaux d’une hygiène de vie qui vous permettra de rééquilibrer votre organisme et ainsi cheminer vers un mieux-être. N’oubliez pas que la douleur est « responsable mais pas coupable » de votre malaise. La douleur est en réalité votre amie : elle survient pour vous mettre en garde, pour attirer votre attention sur le fait que quelque chose dysfonctionne à un endroit de votre corps et qu’il faut agir pour revenir à l’équilibre. La douleur n’est donc pas le problème, elle est seulement la messagère. Elle veut en réalité vous sauver la mise : elle crie « Attention ! Quelque chose ne va pas ici, fais quelque chose ! ». Les antidouleurs ne seront JAMAIS une solution car ils consistent simplement à supprimer le messager mais pas le problème à l’origine. Seule une hygiène de vie conforme à votre physiologie vous permettra de vous débarrasser véritablement de vos douleurs. Peut être qu’il est temps de transformer notre regard sur les règles douloureuses et de remercier notre corps de nous avertir qu’il est temps d’opérer quelques changements pour cheminer mieux, plus loin et en accord avec nous-mêmes, avec ce que nous sommes et ce dont nous avons besoin. Revenir à cette écoute intime & profonde de Soi : c’est la clé ultime.

Prenez soin de vous ♡

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